Compte rendu du point presse du 19 janvier 2016

Attentats au Burkina Fasso

Avant toute chose, je veux dire notre profonde tristesse suite aux attentats qui ont eu lieu ce week-end à Ouagadougou. Toutes nos pensées vont aux victimes et à leurs familles, en particulier les proches de nos compatriotes tués dans ces attaques.
Ces attentats ne peuvent que renforcer notre détermination à combattre le terrorisme sous toutes ses formes et à redoubler nos efforts sur tous les théâtres où nous sommes engagés.

Le plan emploi

Le premier sujet que j’aimerais aborder avec vous, c’est le plan pour l’emploi présenté hier par François Hollande et je voudrais répondre aux critiques qui n’ont pas manqué d’accompagner les annonces du Président de la République.

On nous dit c’est notre dernière carte contre le chômage.

Arrêtons un peu ! On ne joue pas au poker contre le chômage, on lui livre une bataille de tranchées. On ne ferait rien, on nous critiquerait. Quand on fait, on nous critique encore. Eh bien, nous, nous avons choisi d’agir, nous réformons. Depuis 4 ans, toute notre énergie est consacrée à la lutte contre le chômage. Aucun gouvernement n’avait fait autant pour le rétablissement économique du pays. Les indicateurs s’améliorent, les créations d’emplois ont repris (+ 40 000 en 2015) mais pas suffisamment pour compenser l’arrivée de nouveaux actifs sur le marché du travail. Ce plan d’urgence, c’est un booster qui va nous permettre de tirer parti de toutes les réformes mises en place jusqu’à présent. C’est le coup de pouce qui va nous aider à passer le col dans les derniers hectomètres.

Qu’a fait la droite de son côté ? Rien. Qu’est-ce qu’elle propose ? De défaire tous les grands acquis sociaux : le CDI, le temps de travail… elle veut être la grande faucheuse du droit social. Très peu pour nous.

On nous dit que le plan formation a pour but de faire baisser artificiellement le chômage.

Trafiquer le thermomètre pour faire baisser la température, c’est la recette de la droite. Elle l’a appliqué contre le chômage et contre la délinquance sous N.Sarkozy.  Est-ce que cela a trompé les Français ? Non. Car au-delà des statistiques, nos compatriotes se sont bien rendus compte que leur quotidien ne s’était pas amélioré. Pour notre part, nous ne cherchons pas à duper les Français mais à apporter des réponses concrètes à des problèmes concrets.

Est-il normal que dans notre pays, nous ayons plusieurs centaines de milliers d’emplois qui ne trouvent pas preneurs alors que le nombre de chômeurs de longue durée n’a jamais été aussi élevé ? Le but de ce plan formation est tout simplement d’en finir avec cette distorsion.

On nous dit ce ne sont que des mesures électoralistes, pas des réformes structurelles

C’est faux, ce plan combine des mesures à effet rapide (baisse des charges des PME, formation pour 500 000 chômeurs, plafonnement des indemnités prud’homales…) et des réformes structurelles (simplification du code du travail, indemnisation du chômage…).

Ceux qui nous donnent des leçons n’ont pas fait le ¼ des réformes que nous avons accomplies. Cette majorité est celle qui est allée le plus loin dans la modernisation du marché du travail, ce qui nous a valu bien des critiques, y compris chez nos amis. Dans deux mois, nous serons les premiers à engager la réforme du code du travail, que personne n’a jamais faite et qui va donner beaucoup plus de souplesses aux entreprises en matière d’embauche ou de temps de travail.

Mais le courage de la gauche, c’est aussi de défendre les réformes qui ont bâti notre modèle social. Nous ne serons jamais ceux qui cassent la durée légale du travail, le CDI ou le salaire minimum. Ils constituent l’armature sociale de la République et font partie de notre identité. Ceux qui pensent le contraire à gauche doivent arrêter avec leur fantasmagorie.

 La loi pour la République numérique

 Second sujet que j’aimerais aborder avec vous, la loi pour la République numérique. Notre pays est celui de l’excellence numérique. Il n’y a qu’à voir l’accueil qui a été réservé aux entreprises françaises au salon de Las Vegas pour s’en convaincre. Le projet de loi dont nous débattons cette semaine vise justement à ce que la France conserve cette position.

Cette loi va créer des opportunités de croissance en faisant de l’open data la norme de fonctionnement des administrations. L’ouverture des données publiques et leur libre utilisation représente une mine d’or pour les entreprises qui pourront créer de la valeur en les exploitant. C’est un filon qui va apporter de l’activité et de l’emploi à notre pays.

Cette loi va renforcer l’accès au numérique de tous les Français. L’objectif est d’en finir avec les zones blanches pour que tous les territoires aient un accès au haut débit. Par ailleurs, internet est reconnu comme un service de première nécessité au même titre que la fourniture d’eau ou d’électricité. C’est une protection sociale pour les plus démunis. En cas de défaut de paiement, l’accès à l’internet devra être maintenu dans l’attente d’un accord à l’amiable entre les parties, comme cela existe pour l’eau ou l’énergie.

Cette loi va renforcer nos droits dans l’espace numérique.

Elle consacre la neutralité du net, la protection des données personnelles, le droit à l’oubli… autant de mesures sur lesquelles le PS a toujours été en pointe et qui faisaient déjà parti de nos revendications lors des débats sur la loi Hadopi.

Enfin cette loi est avant-gardiste dans son élaboration. Le texte est né d’une consultation publique inédite sur les réseaux sociaux : 21 000 participants ont envoyé leurs propositions au ministère et 90 d’entre elles figurent dans la mouture finale. C’est la première loi collaborative jamais produite. Cette méthode doit continuer à nous inspirer à l’heure où nous cherchons à renouveler nos manières de faire de la politique.

La déchéance de nationalité

Les rencontres entre le Président de la République et les présidents de groupes parlementaires au sujet de la réforme constitutionnelle sont une très bonne chose. Elles traduisent le sens de cette réforme :

1/ la volonté de faire vire l’unité nationale

2/ le respect de la délibération parlementaire

Nous souhaitons que de ce dialogue sorte la possibilité d’un vote très large. C’est possible car nous partageons tous la volonté de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Ce qui se discute, ce ne sont pas les finalités, ce sont les modalités et nous sommes convaincus de pouvoir surmonter nos divergences dès lors que chacun accepte de sortir des postures et des procès d’intentions.

Moirans

Enfin, je voudrais dénoncer les attitudes dans l’opposition et dans les medias, qui consistent à utiliser les faits divers pour jouer le procès en laxisme du Gouvernement. Car enfin, que n’avons-nous pas entendu après le blocage de l’autoroute A1 par des gens du voyage en août dernier ? Après les violences dans la ville de Moirans en octobre ?

Je me souviens des propos de M.Jacob qui dénonçait le « laissez-faire », l’absence d’interpellations contre ces « gens du voyage qui prennent des villages entiers d’assaut. ». Comme si le Gouvernement pouvait, dans la minute, passer les menottes aux coupables…

Dans un état de droit, ça ne fonctionne pas comme ça.  D’abord, on rétablit l’ordre, ensuite on enquête et enfin on arrête les suspects pour les juger.
Et nous avons fait le boulot. Les interpellations qui ont eu lieu hier le prouvent. Tôt ou tard, les fauteurs de troubles doivent rendre des comptes. La République ne laisse rien passer.

Chacun doit rester mesuré dans ses réactions. A sans cesse donner le sentiment du laissez-faire et de l’impunité, on fait le lit du populisme.


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