Construire une défense commune: un impératif pour l’Europe

J’ai signé une tribune pour la construction d’une défense commune en Europe. Harmoniser nos politiques de défense devient une priorité pour qu’elle soit plus efficace sur le plan technique et plus juste sur le plan économique.

« Un sommet sur la défense européenne se déroulera à la fin du mois à Bruxelles. Nous saluons la volonté des chefs d’Etat et de Gouvernement de traiter ensemble des questions de défense. Plus aucun pays européen n’est en mesure de relever isolément les défis sécuritaires du moment et rester dans la situation actuelle risque fort de mettre à mal la souveraineté de la France et de ses partenaires européens.  En effet, contrairement aux idées reçues, l’avenir de notre sécurité nationale n’est pas indépendante de celle des autres Etats européens et pour cela exige la coopération : il s’agit de mettre en œuvre rapidement une véritable défense européenne opérationnelle. Cela impose de surmonter un premier obstacle, à savoir les divergences d’analyse des risques et des menaces : les pays de l’Est et du Nord de l’Europe redoutent l’avancée des troupes Russes en Ukraine et lancent ou accélèrent leur réarmement, tandis que pour les pays du centre et du sud de l’Europe, ce sont les phénomènes migratoires et le risque d’importer les conflits du Moyen-Orient et de l’Afrique qui mobilisent toutes les énergies. Ce problème peut être résolu à condition que l’Union accepte de conduire une analyse stratégique partagée qui hiérarchiserait les menaces et donnerait des orientations en matière d’emploi et d’équipement des forces. Le second obstacle est celui de l’absence d’instance de décision européenne. Cet obstacle est plus difficile à surmonter car il suppose qu’une autorité soit clairement mandatée pour décider de l’emploi des forces. Nous savons que cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais le rendez-vous de Bruxelles est une étape importante pour baliser ce chemin. Dans l’intervalle, que faire ? La décision la plus évidente serait deconstruire un « Eurogroupe de défense », une «Eurozone de défense » en marge des traités actuels, à l’image de l’euro. Dans cet Eurogroupe, il serait possible de construire une défense efficace en mettant en commun les moyens financiers, humains et matériels. L’article 42 du Traité de Lisbonne permet d’ores et déjà la « Coopération Structurée Permanente ». Pièce centrale de l’ « Union Européenne de Sécurité et de Défense », elle est l’engagement que nous prendrions de fournir un effort mesurable et de même ampleur en faveur de la défense. Il suffit donc d’appliquer les traités. Il y a urgence face à la crise économique qui pèse sur les dépenses de défense, une situation qui impose des efforts budgétaires communs.

La défense européenne ne se fera pas, au moins dans un premier temps, avec l’ensemble des 28 Etats qui composent l’Union. L’union est un ensemble formé de peuples libres et l’on ne peut rien leur imposer sans leur assentiment. Mais l’Union ne doit pas empêcher ceux qui le veulent d’avancer dans cette direction. Convaincus que la seule réponse possible aux crises et aux conflits, actuels et futurs ne peut être qu’européenne, nous appelons les chefs d’Etats et de Gouvernements à ne pas manquer cette occasion de faire de l’Europe une véritable puissance autonome capable de peser sur la scène internationale et redonner ainsi souffle et vie au projet européen ».


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